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L'archive du mois de janvier 2018 !

L'archive du mois de janvier 2018 !
Lumière sur ... Les bureaux et cabines téléphoniques. Ce mois-ci, découvrez l'histoire des toutes premières cabines téléphoniques de la Presqu'île !
Publié le lundi 08 janvier 2018

LES ARCHIVES COMMUNALES DE LÈGE-CAP FERRET ONT POUR VOCATION DE CONSERVER LES ARCHIVES PUBLIQUES, MAIS AUSSI DES DOCUMENTS PRIVÉS, UNIQUES ET PARFOIS PERSONNELS. TOUS LES MOIS, DÉCOUVREZ UN DOCUMENT INÉDIT SUR VOTRE COMMUNE ! PAR SON INTÉRÊT HISTORIQUE, SON ASPECT ESTHÉTIQUE, OU SON ORIGINALITÉ, CE DOCUMENT TÉMOIGNE DE LA MÉMOIRE LOCALE.

Lumière sur…Les bureaux et cabines téléphoniques

Bien avant l'invention des smartphones et des emails, la population communiquait grâce aux télégrammes transmis par les bureaux ou cabines téléphoniques de la commune.

A l'origine, les cabines téléphoniques de Lège-Cap Ferret sont installées soit dans les bureaux de postes, soit dans les maisons de particuliers dont le propriétaire en est le préposé. Avec la modernisation de nos communications, la cabine téléphonique est désormais désuète, tout comme la porteuse de télégrammes. A l'arrivée d'un télégramme, elle récupère les dépêches réceptionnées par le préposé au bureau téléphonique, puis les porte aux destinataires habitant la commune, en vélo ou le plus souvent à pied.

Nous avons retrouvé la trace de 4 bureaux téléphoniques sur la commune : Lège en 1895, Cap Ferret en 1914, Claouey en 1928 et Petit Piquey en 1931. Rendons un dernier hommage à ce service public d'antan et à ces femmes grâce à qui les nouvelles du pays parvenaient à la population.

1895 - Le bureau téléphonique de Lège

Le 19 août 1894, sur proposition du maire, le Conseil Municipal de Lège s'engage à annexer au bureau de Poste de Lège un bureau téléphonique « dont le fonctionnement serait tout à l'avantage de la Commune ». La commune adhère aux conditions stipulées par la Direction des Postes et des Télégraphes :

1° - Paiement par la Commune des dépenses engagées pour la construction de la ligne électrique, l'achat et l'installation des appareils dont la dépense totale peut s'élever à 1000 francs environ.

2° - Fourniture d'un local facilement accessible au public : le local dont la Commune est déjà dotée pour le bureau de Poste pouvant être affecté à l'installation du bureau téléphonique en question.

3° - Allocation au gérant et à son suppléant d'une rémunération équitable.

4° - Paiement du salaire du distributeur de télégrammes.

Ligne télégraphique entre Arès et Lège, 1895Une ligne télégraphique partant du bureau de poste d'Arès est étendue pour rejoindre celui de Lège. Le bureau téléphonique de Lège est mis en service en 1895. Mme Boyer, la femme du facteur-receveur de Lège, est désignée comme gérante du bureau téléphonique. Ce service rencontre aussitôt un vif succès, comme en témoigne une lettre du facteur Boyer au maire de Lège, datée du 15 mai 1897 : « Depuis la création du bureau téléphonique dans votre commune, le nombre des télégrammes arrivés et partants de ce bureau s'est accru. »

Plan de la ligne télégraphique entre le bureau d'Arès et celui de Lège, vers 1895

En 1909, Yvonne Chasseloup, née Dubet, devient la porteuse de dépêches téléphoniques, et reçoit de la commune un salaire annuel de 200 francs.

Lège - La Poste (coll. Luc Dupuyoo)En 1928, le service des Postes s'installe dans un nouveau bâtiment en face de l'église. On peut lire sur la façade les inscriptions « Poste Lège », en-dessous « Télégraphe » et « Téléphone ». Une pancarte apposée à droite de la porte d'entrée indique l'existence d'une cabine téléphonique (voir gros plan). Détruit une dizaine d'années plus tard par une explosion, cet édifice est reconstruit au même emplacement à la fin des années 1940 et abrite aujourd'hui la police municipale.

Lège - La Poste (coll. Luc Dupuyoo)

En 1936, Mme Teillaud, épouse du facteur-receveur, est l'employée du téléphone à Lège. Des années 1940 à 1960, le poste de porteuse de télégrammes est successivement occupé par une mère et sa fille Caule :

  • 1946 - 1956 : Jeanne Danièle Caule
  • Septembre 1956 - décembre 1956 : Jeanne Juliette Pontet, épouse Caule, en remplacement de sa fille pendant son congé maternité.
  • 1957 - juin 1960 : Jeanne Danièle Caule, épouse Dignan
  • Juillet 1960 - octobre 1962 : Jeanne Juliette Pontet, épouse Caule
  • Octobre 1962 - 1963 : Jeanne Danièle Caule, épouse Dignan en remplacement de sa mère, partie à la retraite.

Des indemnités leur sont allouées pendant la saison estivale, et le nombre de télégrammes à porter aux quartiers de Jane de Boy, Claouey, Les Jacquets et Petit Piquey étant toujours croissant au fil des années, leur salaire est régulièrement augmenté.

1914 - Cabine téléphonique du Cap Ferret

En 1914, une cabine téléphonique est installée au Cap Ferret. Le 15 février 1914, Mme Bourseguin, épouse du facteur Joseph Bourseguin, en devient la gérante, sur acceptation de sa candidature par le conseil municipal de La Teste. Elle perçoit 75 francs par an, à titre de loyer de la pièce où est installée la cabine et 365 francs par an comme allocation de service. La moitié de cette somme devra être payée par le Syndicat d'Initiative.

Le 28 août 1955, réuni en assemblée générale, le Syndicat d'Initiative du Cap Ferret dresse le bilan des actions accomplies depuis sa création :

A l'origine, le Cap Ferret ne possédait qu'une cabine téléphonique dont la gérante était payée par le S.I. et la distribution postale était assurée par le Bureau d'Arcachon.

On peut mesurer le chemin parcouru quand on voit le Bureau des Postes, pourvu d'une receveuse et aidée par plusieurs employées qui desservent guichets et standard téléphonique de plus de 150 abonnés.

1928 - Cabine téléphonique de Claouey

Claouey - Epicerie Dulaurens (coll. Luc Dupuyoo)Au cours de l'année 1928, le village de Claouey se dote à son tour d'une cabine téléphonique, installée dans l'épicerie de Gabrielle Dulaurens, située rue du Port. Mme Dulaurens est désignée comme préposée à cette cabine, au traitement de 500 francs par an, payable à semestre échu, à partir du premier janvier 1929. En juin 1935, elle reçoit 150 francs supplémentaires pour les trois mois de l'été, en raison du « surcroit de travail occasionné par les touristes, baigneurs et autres pendant la saison estivale ». En 1936, Mme Dulaurens donne sa lettre de démission au Conseil Municipal, qui ne sera effective qu'un an plus tard, le temps de lui trouver une remplaçante. Des dispositions sont prises auprès de l'Administration des Postes et Télégraphes pour le déplacement de ladite cabine. Mme Guérin devient la nouvelle gérante de la cabine téléphonique de Claouey.

Claouey - Epicerie Dulaurens (coll. Luc Dupuyoo)

1931 - Cabine téléphonique de Petit Piquey

Dans les années 1920, le quartier de Piquey, situé à 10 kilomètres du bourg de Lège, se trouve très isolé. À cette époque, une unique route relie les villages entre eux. Afin de satisfaire les besoins des habitants et des touristes, toujours plus nombreux d'année en année, il devient urgent et indispensable de pallier ce manque de moyens de communication.

Le 8 juillet 1928, le Conseil Municipal de Lège demande l'installation d'une cabine téléphonique au Petit Piquey et « prie M. le Préfet de bien vouloir user de sa haute influence auprès de l'Administration des Postes, Télégraphes et Téléphones, afin que sa demande soit prise le plus tôt possible en considération ». Le Conseil renouvelle sa demande auprès du Préfet pas moins de trois fois au cours de l'année 1929 avant d'obtenir satisfaction en décembre 1930. Dans une lettre adressée au maire en novembre 1930, Ernest Vidal se propose d'assurer la gérance du service. Proposition qui sera acceptée par la municipalité et la Direction des Postes, Télégraphes et Téléphones.

Installée attenante à son établissement, la cabine téléphonique de Petit Piquey ouvre le 23 juillet 1931. Elle est gérée par Ernest Vidal et sa mère, Mme veuve Dumur . En 1958, à la mort de sa mère, Paul Vidal obtient la gérance de la cabine téléphonique. Madame Vidal fait connaître, par lettre en date du 25 mars 1974, qu'à compter du 15 juin 1974, elle ne pourra plus assurer la responsabilité de gérant de la cabine téléphonique de Petit Piquey. Faute de pouvoir lui trouver une remplaçante, le Conseil décide de ne pas la remplacer, et la cabine cesse donc ses activités en 1974.

Le téléphone à Lège-Cap Ferret, c'est aussi…

Lège - De nouvelles cabines téléphoniques (Sud Ouest du 30 juin 1978)1894 - Un arrêté du Préfet de la Gironde ordonne l'établissement d'une ligne téléphonique reliant le bureau d'Arès au poste de douanes du Cap Ferret. Cette ligne « présente un caractère particulier d'urgence au point de vue de la rapidité des transmissions, pour des raisons d'ordre et de sécurité publique ».

1904 - Le Conseil Municipal de Lège adhère à la création de communications téléphoniques dans les communes du département de la Gironde.

1941 - Le Conseil décide de faire installer le téléphone à la mairie de Lège.

1966 - Suite à un vote du Conseil, l'école de Petit Piquey sera la seule à être dotée de l'installation du téléphone (11 voix en faveur de Petit-Piquey contre 5 pour Claouey).

1967 - La municipalité souhaite étendre le circuit téléphonique de Claouey afin de donner satisfaction aux nombreuses demandes d'abonnement de la part des habitants des quartiers de Claouey, Jacquets et Petit Piquey.

1971 - Le Conseil décide l'installation du téléphone dans le logement du directeur de l'école de Lège. L'Assemblée s'y était opposée en juillet 1969.

1974 - Le logement d'Yves Jogeix, nouveau chef de corps des sapeurs-pompiers volontaires de Lège, est desservi par une ligne téléphonique.

1978 - De nouvelles cabines téléphoniques sont installées dans la nouvelle commune de Lège-Cap Ferret (Sud Ouest du 30 juin 1978).

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Aldous Huxley, écrivain anglais (1894-1963)

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Sources et références

Les Archives municipales de Lège-Cap Ferret

  • Délibérations du Conseil Municipal de Lège
  • Arrêtés du maire de Lège
  • Dossier « Bureau des PTT de Lège »
  • Registre du Syndicat d'Initiative du Cap Ferret
  • Collection Luc Dupuyoo (cartes postales et photographies)
  • Jacques Ragot, Le Cap-Ferret, de Lège à la Pointe, 1980


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