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L'archive du mois de mai 2018 !

L'archive du mois de mai 2018 !
Lumière sur... Cinq artistes bordelais qui ont vécu sur la Presqu'île.
Publié le mercredi 02 mai 2018

LES ARCHIVES MUNICIPALES DE LÈGE-CAP FERRET ONT POUR VOCATION DE CONSERVER LES ARCHIVES PUBLIQUES, MAIS AUSSI DES DOCUMENTS PRIVÉS, UNIQUES ET PARFOIS PERSONNELS. TOUS LES MOIS, DÉCOUVREZ UN DOCUMENT INÉDIT SUR VOTRE COMMUNE ! PAR SON INTÉRÊT HISTORIQUE, SON ASPECT ESTHÉTIQUE, OU SON ORIGINALITÉ, CE DOCUMENT TÉMOIGNE DE LA MÉMOIRE LOCALE.

Lumière sur…Les artistes de Lège-Cap Ferret

Nombreux sont les artistes qui ont pris leurs quartiers d'été sur le Bassin d'Arcachon en général et sur la presqu'île en particulier : Jean Cocteau et ses amis, Raymond Radiguet, Jean Hugo, Jean Marais, à l'Hôtel Chantecler de Grand Piquey, Jean Anouilh et sa villa Les Pêcheurs, Marcel Aymé aux villas Takis et Pouquette etc. Ces peintres et écrivains y puisent leur inspiration.

Ce mois-ci, nous avons retrouvé la trace du passage de cinq artistes bordelais sur notre commune : les peintres Emile Brunet, Gustave Alaux, Edmond Boissonnet, le sculpteur Jules Rispal, le chansonnier Lucien Boyer.


Emile Brunet (1869-1943)

Le Four - La Chapelle Notre-Dame-des-Pins, peinture d'Emile Brunet derrière l'autel (fonds Luc Dupuyoo)Le peintre Emile Jean Marie Brunet est né à Bordeaux le 30 août 1869. Il entre aux Beaux-Arts à Bordeaux puis à Paris où il côtoie Marquet, Matisse, Rouault. Il a décoré plusieurs hôtels particuliers à Bordeaux, peint le plafond du Théâtre Français. Il devient professeur à l'école des Beaux-Arts de Bordeaux de 1901 à 1914. Parmi ses élèves figurent d'autres grands noms de la peinture française : André Lhote, qui fréquentera assidument Petit Piquey, et Roger Mathias. On lui doit de nombreux tableaux du Bassin d'Arcachon et des Jacquets en particulier.

Le Four - Intérieur de la Chapelle Notre-Dame-des-Pins, peinture d'Emile Brunet derrière l'autel (fonds Luc Dupuyoo)

La chapelle de Notre-Dame-des-Pins arborait un chemin de croix de Brunet peint sur un panneau derrière l'autel (disparu de nos jours). Emile Brunet décède le 21 septembre 1943 à Arès. Trois ans plus tard, presque jour pour jour, le Conseil Municipal de Lège décide de nommer une rue Emile Brunet : « Eu égard à la personnalité du maître Emile Brunet, décédé, qui affectionnait particulièrement le village des Jacquets, le Conseil décide, afin de perpétuer son souvenir de donner son nom à la rue dans laquelle il habitait. » Sa maison est située au 12 rue des Marins, anciennement rue du Transformateur, aux Jacquets.


Jules Rispal (1871-1910)

Acte de décès de Jules Louis Rispal, 21 janvier 1910, LègeChez les Rispal, la sculpture est une affaire de famille. Le père, Jacques, est sculpteur, tout comme son fils, Jules Louis. Sa fille, Marie Julia, épouse François Berthaud, un sculpteur, en 1891. Né le 12 février 1871 à Bordeaux, Jules Louis Rispal suit l'enseignement de Gabriel-Jules Thomas (1824-1905), sculpteur français, membre de l'Académie des beaux-arts et professeur à l'École des beaux-arts de Paris. Il épouse Valentine Marguerite Marie Salarnier le 2 octobre 1905 à Paris, 5ème arrondissement. Il décède le 21 janvier 1910 à Lège.

Acte de décès de Jules Louis Rispal, 21 janvier 1910 (Archives Municipales de Lège-Cap Ferret)

D'après la nécrologie parue dans La Petite Gironde du 23 janvier 1910, il serait décédé au domicile de ses parents à Piquey :

L'art est cruellement frappé depuis quelques semaines à Bordeaux. Après Lucien Schnegg, après Léon Salzedo, c'est Jules Rispal qui disparaît, au moment où son talent s'épanouissait dans toute sa grâce et toute sa vigueur. Souffrant depuis quelque temps, Jules Rispal était allé se reposer chez ses parents dans cette lande si poétique et si clémente de la Côte d'Argent, à Piquey, près d'Arès. C'est là que la mort est venue le foudroyer au milieu des siens. Jules-Louis Rispal était âgé de trente-huit ans. Brillant élève de notre Ecole municipale des beaux-arts et des arts décoratifs, il fut, de 1890 à 1894, pensionnaire de la Ville de Bordeaux à l'Ecole nationale des beaux-arts, où il obtint de nombreux succès. Au Salon des artistes français, ses œuvres furent remarquées, et, dès 1902, l'Etat faisait l'acquisition du groupe « Nymphe de Diane », dont il fit don à Bordeaux. Ce groupe, placé sur la pelouse centrale du jardin de l'hôtel de ville, du côté du cours d'Albret, a un charme savoureux. Rappelons aussi que Jules Rispal est l'auteur du monument inauguré le 31 juillet 1906, au Jardin Public, à la mémoire du romancier Fernand Lafargue. Là encore, le statuaire a témoigné, dans la conception et l'exécution, d'un talent qui faisait honneur à sa ville natale. La fin prématurée de Jules Rispal est un nouveau deuil pour les artistes bordelais, pour nos concitoyens. En leur nom, nous adressons à sa famille nos bien sincères condoléances.


Lucien Boyer (1876-1942)

Message de Lucien Boyer dans le livre d'or de l'Hôtel ChanteclerJean Lucien Boyer est né le 20 janvier 1876 à Léognan. Sa soeur aînée Mary est une célèbre cantatrice, lui devient parolier et compositeur. En 1920, il est décoré de la Légion d'honneur en récompense de services rendus durant la Grande Guerre comme « chansonnier aux armées ». Mary et Lucien Boyer séjournent régulièrement au Cap Ferret où la cantatrice possède trois villas (La Cigale, La Fourmi et Cendrillon).

Message de Lucien Boyer dans le livre d'or de l'Hôtel Chantecler de Grand Piquey

En 1910, L'Avenir d'Arcachon mentionne sa présence au village de l'Herbe à l'occasion du baptême de sa nièce Andrée Boyer à la Villa Algérienne. Lucien est décoré de la Médaille de Sauvetage pour son acte héroïque qu'il a accompli au large du Cap Ferret en 1913. Il laisse un message dans le livre d'or de l'Hôtel Chantecler à la suite d'un autographe signé de Pierre Dignac en mai 1936 :

Pierre Dignac est, je l'atteste, le plus grand homme de La Teste et c'est pourquoi je suis si fier, après lui, d'être à Chantecler. J. Lucien Boyer, Ambassadeur de Montmartre

Lucien Boyer s'éteint dans son appartement de la rue de La Tour d'Auvergne, à Paris, le 16 juin 1942. Il a produit plus de 1 200 chansons, près de 80 revues dont 30 de grand music-hall et 10 de théâtre, des comédies, des opérettes etc. Il est inhumé au cimetière des Batignolles à Paris.


Gustave Alaux (1887-1965)

Acte de mariage de Gustave Alaux et Marie Antoinette Pellotier, 19 septembre 1912, Cap FerretLa dynastie des Alaux représente huit générations de peintres, d'architectes, d'auteurs. Daniel Alaux, Conservateur du Musée des Beaux-Arts de Bordeaux, fait construire vers 1890 la villa Les Liserons (actuel Tahiti) en bordure du Bassin, à la Pointe du Cap Ferret. Le 19 septembre 1912, son fils, Gustave, artiste-peintre, épouse Marie Antoinette Pellotier qui n'est autre que sa plus proche voisine.

Acte de mariage de Gustave Alaux et Marie Antoinette Pellotier, 19 septembre 1912, Cap Ferret

Son père, le Docteur Pellotier, est propriétaire de la villa Bagatelle. Le couple résidera à Bagatelle, cette petite villa « avec son vaste jardin potager et horticole, son pylône, ses ifs, ses peupliers, arbres fruitiers, des fleurs partout, et une belle haie de clôture en pourpier de mer, bien supérieure aux fusains et arbousiers. » Gustave Alaux décède le 27 février 1965 à Paris à l'âge de 77 ans. Il est inhumé au cimetière de Montmartre.


Edmond Boissonnet (1906-1995)

Façade de la maison des Boissonnet à Grand Piquey (extrait du PC 33-1951)Né le 20 juillet 1906 à Bordeaux, Edmond Oscar Antoine Boissonnet. Il devient apprenti sculpteur sur bois tout en suivant les cours du soir aux Beaux-Arts de Bordeaux. En 1935, il épouse l'artiste Paule Cécile Antoinette Jude. Il se consacre exclusivement à la peinture à partir de 1937. En 1951, il fait construire une maison-atelier à proximité de la villa Les Hirondelles, à Grand Piquey.

Façade principale de la maison des Boissonnet à Grand Piquey (extrait du PC 33/1951)

Dans les années 1970, il conçoit des mosaïques, murales ou de pavement, et réalise des tapisseries expressionnistes ou fantastiques en collaboration avec son épouse. Il peint également des sportifs en compétition et des paysages. Le court-métrage Boissonnet, un aventurier de l'absolu (1983) de Jean-Pierre Mitrecey retrace son parcours artistique. Il meurt le 28 décembre 1995 à Saint Germain-sur-Avre, Eure. Il repose désormais dans le cimetière des Jacquets. Son épouse sera enterrée auprès de lui en 2001.


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Aldous Huxley, écrivain anglais (1894-1963)

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79 avenue de la Mairie, Lège bourg

archives.ad@legecapferret.fr

05.57.17.07.80


Sources et références

  • Les Archives municipales de Lège-Cap Ferret :
- Etat civil de Lège et du Cap Ferret, 1910 et 1912

- Délibérations du Conseil Municipal de Lège-Cap Ferret, 1946

- Permis de construire, 1951

- Livre d'or de l'Hôtel Chantecler

- Fonds Luc Dupuyoo

  • Gallica :

- L'Avenir d'Arcachon du 30 août 1906

- L'Avenir d'Arcachon du 24 juillet 1910

  • Retronews :

- La Petite Gironde du 23 janvier 1910


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