L’archive du mois de janvier-février 2026 !
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Lumière sur… Les anniversaires de 2026
LES ARCHIVES MUNICIPALES DE LÈGE-CAP FERRET ONT POUR VOCATION DE CONSERVER LES ARCHIVES PUBLIQUES, MAIS AUSSI DES DOCUMENTS PRIVÉS, UNIQUES ET PARFOIS PERSONNELS. TOUS LES MOIS, DÉCOUVREZ UN DOCUMENT INÉDIT SUR VOTRE COMMUNE ! PAR SON INTÉRÊT HISTORIQUE, SON ASPECT ESTHÉTIQUE, OU SON ORIGINALITÉ, CE DOCUMENT TÉMOIGNE DE LA MÉMOIRE LOCALE.
Cette nouvelle année apporte son lot d’anniversaires à célébrer et d’évènements à commémorer. Le plus important de ces anniversaires sera bien sûr les noces d’or de la commune ! En juin, nous fêterons les 50 ans du rattachement. A l’image de ce noble métal, qui résiste aux éléments et au temps, l’union des onze villages de la Presqu’île reste solide et inébranlable. Voici un aperçu de quelques autres évènements notables du passé.
L’adjudication des travaux du phare en 1836
Le 26 mars 1836, à deux heures de l’après-midi, dans la salle du conseil de préfecture à Bordeaux, il est procédé à l’adjudication des travaux de construction d’un phare de premier ordre au Cap Ferret. La construction est estimée à un peu plus de 200 000 francs. Le projet est dressé par M. Deschamps, ingénieur des Ponts et Chaussées. Les frères Escarraguel remportent l’adjudication le 14 avril 1836, moyennant un rabais de 21%. Les travaux commencent en août 1836 et durent trois ans. Des cabanes en bois de pin sont installées pour loger les ouvriers sur la plage déserte. Au total, le phare coûte environ 352 000 francs, sans la lanterne ni l’appareil optique, soit une augmentation de 72%. Cette hausse des dépenses est due à plusieurs imprévus : le transport des pierres, un sol plus meuble que prévu qui nécessite des fondations plus profondes, des avaries survenues aux barques et bateaux employés à transporter les matériaux.

Le premier phare du Cap Ferret, mis en service en 1840 (fonds François Bisch, Archives municipales de Lège-Cap Ferret)
Retrouvez l’histoire du phare du Cap Ferret dans le livret des archives du mois 2019.
Une nouvelle ligne de tramway au Cap Ferret en 1896
En 1896, la Société Rochefortaise de remorquage et de transport exploite déjà un bateau de promenade, le steamer « Ville de Rochefort ». En prolongement de ce service, elle fait établir un tramway « parfaitement conditionné » qui accueille ses premiers voyageurs à l’été. Cette voie ferrée est, à l’époque, la deuxième en activité, avec celle de Bélisaire établie en 1879. Ce nouveau tramway, tracté par un cheval, se compose d’une unique voiture à rideaux de 24 places. La petite gare en bois est située face au débarcadère, entre les restaurants Lavergne et Roux. Cette nouvelle ligne relie le débarcadère Lavergne à la côte océane, où un plancher en bois (les premiers caillebotis que nous connaissons chaque été) permet de traverser la dune « sans aucune fatigue ». « Tout semble donc avoir été compris pour donner entière satisfaction aux nombreux promeneurs habitués du Cap Ferret », conclue le journal Arcachon saison dans son édition du 30 juillet 1896.

Cap Ferret – La ligne de tramway Lavergne-Océan et son escalier dans la dune (fonds François Bisch, Archives municipales de Lège-Cap Ferret)
Un premier lavoir en 1906
Avant l’apparition de l’eau courante, la lessive se fait à la main, et le rinçage du linge, nécessitant de grandes quantités d’eau claire, s’effectue à la rivière ou à la fontaine. Ce n’est qu’au 19ème siècle que la pureté de l’eau devient un enjeu primordial pour la salubrité publique, suite aux épidémies de choléra, de variole et de typhoïde engendrées par l’eau souillée. Les lavoirs prennent leur essor à cette époque, assurant hygiène et propreté à leurs utilisateurs. Situé à côté de l’ancienne mairie, le lavoir dit de la Mairie est construit en 1906, à proximité du puits artésien. L’entreprise Billiot et Gaden, constructeur du puits, est également engagée pour la construction du lavoir. Le lavoir est en ciment armé, d’une longueur de 6 mètres, partagé en deux bassins, et pourvu de 4 bancs de lavage. En octobre 1907, le Conseil Municipal juge urgente la construction d’un hangar-abri pour le lavoir. Il charge François-Osmin Gayet, entrepreneur à Lège, des travaux de couverture. Le lavoir semble avoir disparu lors de la construction du collège dans les années 1980.

Lège – de gauche à droite, le puits artésien, l’ancienne mairie, le lavoir (fonds Luc Dupuyoo, Archives municipales de Lège-Cap Ferret)
Retrouvez l’histoire des lavoirs de la commune dans le livret des archives du mois 2016 et celle des puits artésiens dans la revue municipale n°63 et dans le livret des archives du mois 2021.
La visite du sultan du Maroc en août 1926
En juillet 1926, le sultan du Maroc, Moulay Youssef, se rend à Paris pour l’inauguration de la Grand Mosquée. Avant de rejoindre son pays, il visite plusieurs villes de France dont Versailles, Bordeaux, Toulon ou Marseille. Sa suite, composée de ministres et des princes, se rend à Arcachon le 5 août pour une excursion de quelques heures. En compagnie du maire d’Arcachon et du préfet de la Gironde, ils embarquent sur le vapeur « Cap Ferret », gracieusement prêté par Bélisaire Daney, l’administrateur de la société propriétaire. Le yacht fait le tour du Bassin : « il se dirige vers la bouée n°8, entre le phare et Le Moulleau. Là, il décrit une courbe gracieuse et ramène à la place Thiers le sultan – qu’on avait confortablement installé à l’arrière où tout le temps du trajet il parut songeur – et les divers personnages de l’escorte. » L’évènement a été immortalisé par le photographe Léo Neveu (photographie à retrouver dans le journal L’Excelsior du 7 août 1926). Avant de quitter la ville, le sultan est accueilli à la source des Abatilles.
La réouverture de l’Hôtel de la Pointe en avril 1936
Dans la nuit de Noël 1935, vers 3 heures du matin, une tempête balaie le Bassin d’Arcachon, accompagnée par une marée de haut coefficient. Le quartier de la Pointe, près du débarcadère Lavergne, est le plus touché de la côte noroit. Le bar-buvette, édifié sur le terrain maritime, appartenant à Mme Veuve Lalanne, est emporté par les flots, « comme fêtu de paille par souffle d’enfant ». L’Hôtel de la Pointe, exploité par Mme Hortense Semmartin et comprenant une vaste salle de restaurant et plusieurs chambres d’hôtel, est durement touché. Trois chambres sont détruites et la moitié des aménagements de la grande salle à manger est parti à l’eau. Il ne reste du premier nommé seulement quelques briques et des planches dépareillées. L’arrière-corps de L’Hôtel de la Pointe est béant, et le sol sablonneux sur lequel il repose menace de céder bientôt sous les assauts de la mer démontée, malgré la défense de fortune dressée en hâte. Mme Semmartin estime à plus de 200 000 francs le préjudice subi. Heureusement, en prévision du danger imminent, la verrerie, le matériel et les provisions avaient pu être évacués. Mme Lalanne, « une brave, digne et pauvre femme de 75 ans », se retrouve sans ressources. La location de son bar-buvette constituait pour elle le plus clair de ses maigres revenus. Les sinistrés et les voisins pointent le peu de protection du promontoire et du rivage. Après des travaux de rénovation, l’Hôtel de la Pointe rouvre ses portes le 11 avril 1936.

Cap Ferret – L’Hôtel de la Pointe, vers 1928 (fonds François Bisch, Archives municipales de Lège-Cap Ferret)
La nouvelle église Notre-Dame-des-Flots en 1956 et 1966
Construite en 1893, puis agrandie en 1932, Notre-Dame-des-Flots est érigée en paroisse en 1936, après la construction d’un presbytère pour le logement du curé. En 1956, devenue insuffisante, Notre-Dame-des-Flots est transformée en une grande église moderne sous l’impulsion du curé du Cap-Ferret, l’abbé Marquaux, et de l’architecte Raymond Morin. Le dimanche 19 août 1956, les fondations et la première pierre de la nouvelle église sont solennellement bénites par Son Excellence Monseigneur Paul Richaud, Archevêque de Bordeaux. Dix ans plus tard, le Cardinal Richaud bénit encore une fois l’église achevée, le dimanche 21 août 1966.

Cap Ferret – Monseigneur Richaud lors de la bénédiction de Notre-Dame-des-Flots en 1966 (fonds secteur pastoral/Jacques Lavie, Archives municipales de Lège-Cap Ferret)
Retrouvez l’histoire des curés du Cap Ferret dans le livret des archives du mois 2019.
Les 50 ans du rattachement de Lège-Cap Ferret (1976-2026)
Le rattachement des sections du Canon et du Cap Ferret, appartenant à La Teste, à la commune de Lège est officiellement acté le 21 juin 1976. Le décret du Ministère de l’Intérieur parait dans le Journal Officiel du 27 juin. C’est la fin de 169 ans de séparation administrative. La délimitation territoriale entre Lège et La Teste remonte au 23 mars 1807, date à laquelle Messieurs Turgan et Ducamin, respectivement maires de La Teste et de Lège, signent un procès-verbal de démarcation. Le 13 mars 1981, la commune prend officiellement le nom de Lège-Cap Ferret.
Retrouvez l’histoire du rattachement de la commune dans le livret des archives du mois 2016.
Votre histoire, notre mémoire
“Les souvenirs d’un homme constituent sa propre bibliothèque.”
Aldous Huxley, écrivain anglais (1894-1963)
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Service des archives
79 avenue de la Mairie, Lège bourg
archives@legecapferret.fr
05.57.17.07.80
Sources et références
Les Archives municipales de Lège-Cap Ferret :
- Délibérations du Conseil municipal de Lège-Cap Ferret
- Fonds François Bisch
- Fonds Secteur pastoral/Jacques Lavie
- Fonds Luc Dupuyoo
Gallica, la bibliothèque numérique de la BnF :
- L’Agriculture comme source de richesse, comme garantie du repos social : recueil uniquement consacré aux progrès de l’agriculture, des sciences et des arts qui s’y rapportent, dans la Gironde et les départements environnants, 1er octobre 1840
- Arcachon saison, 30 juillet 1896
- L’Avenir d’Arcachon, 08 août 1926
RetroNews, le site de presse ancienne de la BnF :
- Gazette nationale ou le Moniteur universel, 6 mars 1836
- Excelsior, 7 août 1926
- La France de Bordeaux et du Sud-Ouest, 28 décembre 1935
- La Petite Gironde, 11 avril 1936
Retrouvez toutes les archives du mois sur cette page.
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